Quand l’homme admirait le ciel : une brève histoire de l’astrologie

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Lorsque l’homme a admiré le ciel, vivant dans son émerveillement, fort d’une fascination qui ne connaît pas d’âge, il a su capter dans ce geste si simple et immédiat, mais pas pour autant évident et trivial, toute la vérité vibrante d’une question au moins aussi vieille que sa mémoire : quel est le sens de la vie ? Et, en supposant qu’il en ait un, du moins tel que nous le comprenons canoniquement, est-il légitime de penser qu’il a aussi un but ? Le sens et le but coïncident-ils ou divergent-ils ?

Au secours de l’humanité, sur les pages des livres poussiéreux, sur les stèles des monuments anciens, sur les colonnes des temples autrefois majestueux, on voit venir à la rescousse l’astrologie, un art aussi noble qu’archaïque, lui-même inextricablement lié à la corde du temps qui voit se succéder les différentes époques historiques.

L’astrologie et l’humanité, en tant que couple indissoluble, voyagent ensemble, comme des passagers d’un même compartiment, comme des compagnons d’un même wagon tiré par un même train, voyageant sur les rails du devenir anthropologique. Et comme contrôleur l’acte humain, toujours attentif à évaluer que le billet de la conscience et de la beauté a été ponctuellement oblitéré.

Qu’est-ce que l’astrologie ?

Il est difficile d’en donner une définition synthétique, car la taille et l’entité même de cette discipline ne permettent pas d’en faire une collocation univoque et déterminée tant sur le plan épistémologique qu’ontologique. Cependant, après presque trente ans d’études  » folles et désespérées « . (comme dirait Giacomo di Recanati), j’ai personnellement mûri une description de ce sujet qui, sans aucune prétention d’association identitaire fidèle et précise, me semble souligner, somme toute fidèlement, ses caractéristiques saillantes.

Avant de savoir ce qu’elle est, nous devons comprendre ce qu’elle n’est pas :

L’astrologie n’est pas un art divinatoire, elle n’a donc pas l’intention de contempler l’avenir, laissant à d’autres la responsabilité de manier des instruments de suggestion délicats et dangereux, qui détournent la recherche de la vérité de sa voie de fiabilité sérieuse ;

L’astrologie n’est pas une science déterministe, elle ne place donc pas un lien de causalité nécessaire entre les événements qu’elle étudie. La relation de cause à effet exacte ne lui appartient pas, ayant compris que cette partie de l’investigation humaine, bien que pleine d’aspects concrets et fiables, ne la lierait qu’à une partie misérable d’un spectre de recherche beaucoup plus large.

Maintenant que nous avons compris ce qu’elle n’est pas, nous pouvons déjà rétrécir le champ qui va converger vers une direction plus ciblée : l’astrologie est, et reste, une discipline d’étude de l’homme qui utilise un langage symbolique-archétypal pour traduire et interpréter. Forts de cette nouvelle compréhension, nous pouvons d’ores et déjà la regarder avec des yeux différents : sa noblesse, sa force, sa beauté résident précisément en cela, ou dans le dessein solennel de poursuivre des valeurs à fort impact anthropocentrique, comprises non pas selon un sens égoïstement pyramidal, mais sur le profil d’une cyclicité et d’une circularité qui placent l’homme à un niveau parfaitement égal à celui de la sacralité de toute la création.

Harmonie et vérité par l’utilisation de « symboles »

En cela, l’astrologie se pose comme un instrument au-delà de l’instrument : porteuse d’harmonie et de vérité, elle dépasse sa propre nature de véhicule de recherche, se sublimant en un acte créatif de réunion et de fusion de multiples disciplines.

La mythologie en est un formidable exemple : à travers les exploits des héros, à travers l’immense patrimoine oral transmis, à travers les figures et les mythes, l’astrologie trouve un terrain fertile pour créer un mariage alchimique entre ses propres symboles et les valeurs psychologiques, spirituelles et de l’âme contenue dans les poèmes et les histoires. L’âme, qui est en chacun de nous, crée continuellement des symboles afin de pouvoir exprimer des contenus intérieurs qui ne se manifesteraient certainement pas, au point qu’ils sont parfois complexes et mystérieux. Je crois que la vie ne pourrait être vécue et exprimée dans sa profondeur la plus intime, voire inconsciente, si les symboles ne venaient pas à notre secours. Et c’est avec leur aide que nous pouvons traduire en langage ce que nous ressentons en nous. Le symbole est donc l’image que nous nous faisons d’un contenu intérieur qui transcende la conscience. Dans le cas de l’astrologie, le symbole inclut dans le zodiaque et les planètes, ainsi que dans les maisons, est le point de rencontre, la soudure dominante entre le monde psychologique et spirituel de l’homme (microcosme) et l’univers des étoiles et du ciel (macrocosme). La relation micro-macro symbolique est en définitive toujours une opération humaine, appartenant donc à la psychologie. C’est l’homme qui crée les symboles, c’est l’homme qui leur donne vie et les fait vibrer : c’est l’homme qui leur donne valeur et signification sur le plan réel, psychique, métaphysique et imaginatif.

Comme les anciens textes sacrés, l’astrologie se prête également à différents niveaux d’approche globale : l’accès à ses vérités est structuré selon trois étapes, l’une littérale, l’autre symbolique et la dernière ésotérique.

« La nature se cache des insensés, se montre aux curieux, se révèle aux sages. »

Le Zodiaque et ses 12 signes

Sa base est le Zodiaque, exprimé dans le symbole grandiose du cercle, dont le centre est la source motrice idéale et pérenne de toutes les énergies vitales qui se développent dans un cycle illimité et éternel (conception ptolémaïque). Les douze signes représentent les différents secteurs de la roue zodiacale. En astronomie, le Zodiaque est une bande qui contient l’écliptique du Soleil et l’équateur céleste (conception copernicienne).

Les combinaisons entre les signes sont infinies, tout comme les typologies, les nuances tracées par l’étude du thème horoscopique de base (un travail minutieux et exigeant, à travers lequel l’astrologue, grâce à une méthode sérieuse et incisive, parvient à tracer tous les aspects caractériels et psycho-émotionnels du sujet qu’il étudie. Dans cette procédure, importante est l’acquisition des paramètres célestes du sujet, à travers la consultation des Éphémérides, tableaux spéciaux pré-remplis avec l’emplacement des planètes dans les signes).

Il n’est pas facile de résumer tout ce que l’astrologie englobe dans un court article, car présomptueuse serait la prétention d’écrire un traité exhaustif, en si peu d’espace, sur trois décennies d’étude et d’application quasi constante.

Je ne suis pas là pour ça : mon seul but était de vous faire vous attarder un instant sur ces lignes, en nourrissant l’espoir qu’une fois lues, vous pourrez revoir et repenser cette discipline selon un point de vue renouvelé et plus confiant.

Cher, très chère astrologie, compagne des nuits blanches et des après-midi interminables, permettez-moi de conclure le présent en vous dédiant un poème, un poème que Totò a écrit il y a plusieurs décennies, et qui résonne encore dans les livres italiens et sur la bouche des nostalgiques incurables d’une époque qui n’existe plus.

Emanuele Cangini est né à Modène, où il a fréquenté une école technique, puis l’université, à la faculté de mécanique…

Lire la biographie Emanuele Cangini est né à Modène, où il a fréquenté une école technique, puis l’université à la faculté d’ingénierie mécanique. Il est éditeur et correcteur de textes pour Macro Edizioni, et pour la revue Scienza e Conoscenza, ainsi que journaliste populaire et critique littéraire, orateur et conférencier.